| Celui qui a les bois
les plus imposants s'attire le respect de tous les
autres et les faveurs d'une majorité de femelles.
Il a de longues pattes qui l'aident à marcher
dans l'eau profonde, les marais et la neige. Son pelage
est brun sur le ventre et plutôt gris près
des épaules. En été, il est plus
foncé et en hiver, ses poils sont plus longs.
On voit un garrot (bosse) sur ses épaules et
une barbiche à son menton. Le mâle est
le seul à porter un panache. Les bois peuvent
atteindre 1,75 m. Lorsqu'on chasse l'Orignal, il faut
savoir distinguer la femelle du mâle, car il
est rare que la femelle soit permise à la chasse.
Elle n'a pas de bois, son museau est plus pâle
et elle a une tache blanche ou beige de forme triangulaire
près de la queue.
L'Orignal est actif surtout au lever et au coucher
du soleil. Ses oreilles, ultra-sensibles, s'orientent
vers les bruits qu'il entend. S'il les rabaisse, c'est
qu'il se prépare à attaquer (cela s'observe
chez la femelle qui défend ses petits).
Son odorat aussi est très développé,
ce qui compense un peu sa vue faible.
C'est un animal qui peut facilement atteindre 55 km/h
à la course. À cause de son pelage,
il est souvent la proie des moustiques : il se roule
alors dans la boue ou encore il s'immerge dans l'eau
souvent jusqu'à 30 secondes.
On retrouve l'Orignal en Europe, en Asie et , bien
sûr, en Amérique, où il est communément
appelé Élan d'Amérique.
Adapté aux terrains accidentés du Québec,
l'Orignal fréquente les marécages, les
étangs de castors et le bord des lacs. Il se
cache près des brûlés et dans
les forêts aux arbres mélangés.
C'est un animal silencieux et solitaire, sauf en
période de rut.
En septembre, il frotte ses bois sur les arbres :
il veut ainsi enlever le duvet qui les recouvre et
faire briller son panache pour attirer les femelles.
Il marque son territoire d'urine et de grattage.
De plus, il devient imprudent et accourt au moindre
son qui ressemble au cri d'une femelle.
À la fin du mois de mai, la femelle donne naissance
à 2, parfois même à 3 petits que
l'on nomme veaux. Ceux-ci la suivent pendant l'année
qui suit.
II faut bien connaître le gibier avant de le
chasser : voir où il dort, où il mange
et où il va à l'eau. Il se nourrit d'herbes,
de branches et parfois d'écorce.
En hiver, il prend les aiguilles des conifères
et en été, il mange les nénuphars.
Il peut facilement ingurgiter de 20 kg à 30
kg de nourriture par jour. Les premiers jours ensoleillés
de la saison sont généralement les meilleurs
pour chasser, car l'Orignal ne se méfie pas
encore de l'humain. |
On chasse l'Orignal au
Québec d'août à décembre
selon les zones et les types de chasse permis par
la loi. Il est obligatoire d'apposer deux permis de
chasse par Orignal, parfois même trois permis
selon la zone où l'on chasse. Chaque année,
11 000 Orignaux trouvent preneurs ; comme nous n'en
avons que 70 000 à 80 000 au Québec,
la réglementation se doit d'être sévère.
C'est un trophée de chasse vraiment apprécié...
On suggère de porter des vêtements silencieux,
en laine ou en polar, et de masquer sa propre odeur
avec de l'huile de sapin ou de cèdre. Le dossard
fluorescent orange est obligatoire à la chasse
avec une arme à feu. Ceux qui chassent à
la carabine doivent utiliser les armes de plus de
6mm ou encore de calibre .243 et plus. La .308, la
.30/.06, la .270 et la 7 mm Remington Magnum sont
les armes les plus populaires. Les balles doivent
absolument être à percussion centrale.
Les chasseurs à l'arc, eux, doivent se munir
d'un arc dont la tension minimale est de 18 kg et
dont l'extension est de 71 cm au maximum. On recommande
toutefois une tension de 35 kg pour avoir de bonnes
chances de réussite. Les flèches, lourdes,
doivent avoir une tête d'acier et un diamètre
de coupe de 22 mm au minimum : comme pointes de flèches,
rien de mieux que la Magnum et la Snuffer. Avec l'arc,
il est possible de chasser de la fin août à
la mi-octobre (soit pendant le rut). De plus, puisque
le maniement de l'arc est assez difficile, on permet
aux archers de chasser le faon et, parfois, la femelle
âgée de plus de 1 an.
Lorsqu'on chasse à l'arc, il faut d'abord
s'armer de patience. II faut attendre le moment propice
pour tirer et attendre parfois encore un peu avant
de pister son animal blessé.
Nos chasseurs pratiquent généralement
la chasse à l'appel. D'origine amérindienne,
cette chasse se déroule par temps froid, calme
et sans vent. On appelle un mâle avec un cornet
de bouleau ou avec ses mains, doucement. Cette technique
demande de la patience, car il ne faut pas bouger
et attendre qu'un animal se pointe. La chasse à
l'affût aussi est pratiquée, souvent
sur un mirador (tree-stands) pour ne pas que l'animal
"sente" la présence du chasseur.
La chasse fine (chasse à l'approche) est, par
ailleurs, la manière la plus sportive de chasser.
Elle demande une bonne connaissance de l'animal. On
l'utilise surtout par temps pluvieux, lorsque la terre
et les feuilles mouillées absorbent le bruit...
Par ailleurs, 20% des Orignaux sont abattus à
l'affût au Québec.
La chasse à l'Orignal est un apport touristique
et économique d'une importance capitale pour
la province de Québec : cette chasse a des
retombées annuelles de 60 millions $. La chasse
se classe parmi les loisirs les plus importants au
Québec... |