La
Chasse du Lapin de Garenne |
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Chasses spécifiques : le Lapin
DE GARENNE
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| Le lapin de garenne a longtemps été
le gibier de base de la chasse française
populaire. Il représente actuellement 10%
du tableau national (hors grand gibier et gibier
de montagne). Le lapin se trouve au quatrième
rang des espèces prélevées
en France derrière le pigeon ramier, les
pigeons et les grives. |
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| LA CHASSE DEVANT SOI
Il n'existe pas de chasse spécifique du
lapin devant soi au chien d'arrêt. L'animal
est tiré alors qu'on prospecte à
la billebaude friches, lisières de bois,
bosquets fourrés ou bois épais.
Cependant certains chiens font preuve d'une grande
habileté à le chasser, malgré
les différentes ruses appliquées
pour échapper à ses poursuivants.
Les chiens courageux à la ronce adorent
le lapin et le lancent à grands cris joyeux.
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Ce gibier tient généralement
bien et longtemps l'arrêt, mais il sait aussi
se dérober discrètement sous la truffe
de son ennemi, avant de jaillir là où
on l'attend le moins.
Dans un couvert épais, il lui arrive fréquemment,
sentant le danger, de reculer avant de jaillir entre
les jambes du chasseur.Le tir en terrain découvert
est aisé. Cependant, la surprise provoquée
par son apparition brusque est à l'origine
de bien des ratés pour cause de précipitation.
On tire alors fréquemment derrière
ou sur les côtés, et à trop
courte distance, comme en témoignent les
mottes de terre qui volent alentour !
Sous bois, le lapin crochète à toute
allure, disparaissant en quelques secondes. Dans
ce cas, un tir très rapide s'impose, au coup
d'épaule.
Parfois, il semble que le lapin a boulé,
alors qu'il réapparaît quelques mètres
plus loin. En d'autres circonstances, on le voit
disparaître dans les ronces au coup de feu.
Il faut toujours aller vérifier les résultats
du tir : on aura parfois la surprise de le découvrir
mort au milieu du couvert, ou d'entendre plus loin
son cri d'agonie, quand le chien s'en est saisi. |
| LE LAPIN
À LA HAIE
Pour chasser le lapin à la haie, il faut
s'assurer que le gibier est dehors. C'est le cas,
notamment au petit matin, quand les prés
sont blanchis par le givre ou la gelée
blanche, ou après des pluies nocturnes
: le lapin déteste rejoindre son terriers
tant que son poil n'est pas sec.
Il est préférable d'opérer
à deux quand on remonte les haies. Seul
et si on n'a pas la chance de disposer d'un auxiliaire
qui tourne le gibier, les lapins sortent systématiquement
du côté non gardé. Dès
que le chien est figé à l'arrêt,
que le leveur de gibier signale à grands
récris qu'il se trouve en bonne voie, il
convient de demeurer aussi discret que possible.
On rejoint les chiens dans le plus grand silence,
en s'abstenant de parler et de fouler trop bruyamment
le sol.
Le lapin est en effet un gibier extrêmement
rusé, toujours sur ses gardes et attentif
aux dangers extérieurs. S'il perçoit
la moindre anomalie, il tentera de s'esquiver
discrètement en passant inaperçu
aux yeux du chasseur. Il sait exploiter le moindre
couvert, le plus infime accident de terrain, pour
parvenir à ses fins.
Souvent, il coule longuement avant de débucher
hors de distance de tir, devant le chasseur. Parfois,
il jaillit en plein découvert, entre les
bottes du |
chasseur, avant de
regagner les couverts.
Si un terrier se trouve dans les parages, il le
rejoint immédiatement.
Dans les grands fourrés, le lapin cultive
l'art de se faire tourner en refusant obstinément
de sortir. Le rôle du chien est alors majeur
: il doit serrer le gibier de très près,
le bousculer afin de ne pas lui laisser le loisir
de réfléchir à ses ruses
ni au danger extérieur. Cela suppose une
grande détermination, la hargne de vaincre
et beaucoup de courage à la ronce!
Lorsque le lapin ressort, son tir exige des réflexes
sûrs et rapides. Si le lapin file droit
en plaine, il suffit de lui laisser gagner un
peu de distance, calmement, avant de lâcher
le coup de fusil dans le mouvement. Il est important
de s'assurer que le chien ne serre pas de trop
près le gibier. |
| LA CHASSE AUX CHIENS COURANTS
Cette chasse est pratiquée sur des espaces
limités de bois ou dans des boqueteaux.
L'ardeur des chiens qui mènent à
grands cris un animal insaisissable et les ruses
déployées par le lapin offrent un
plaisir incomparable.
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Les bassets
sont particulièrement adaptés, en
raison de leur morphologie.
Le basset
griffon fauve de Bretagne est un merveilleux
auxiliaire.
Les tireurs sont placés aux endroits stratégiques
: lisières de bois, carrefours d'allées.
Levé, le lapin multiplie les ruses pour
échapper aux chiens.
Il revient sur sa voie, tourne, sort en plaine
sur quelques dizaines de mètres avant de
regagner un roncier, toujours loin devant la meute.
Il s'arrête fréquemment pour situer
ses poursuivants.
Le tir n'est pas difficile, mais le chasseur doit
être attentif à tout bruit anormal
(bruissement de branche, pas furtif. . .), car
le lapin se présente souvent discrètement
à la ligne de tir. |
LA BATTUE
La battue est pratiquée dans les boqueteaux
très vifs en lapins. Le gibier est poussé
par une ligne de |
rabatteurs ou par un ou deux chasseurs
aidés de chiens broussailleurs (springer,
cocker,
fox
ou jagd-terrier,
labrador).
Les tireurs sont placés en lisière
de bois. |
| LA CHASSE À COURRE
Cette chasse est pratiquée par quelques
jeunes équipages qui apprécient
le travail d'une meute de bassets.
Les races souhaitées sont le basset
artésien, le basset
fauve de Bretagne, le |
basset
griffon vendéen et le beagle.
Les préliminaires de la chasse sont identiques
à ceux pratiqués pour la chasse aux
chiens courants, à savoir un furetage à
blanc des terriers. Les chiens doivent savoir déjouer
les changes sur les sites vifs en lapins. Tous les
épisodes de la chasse sont ponctués
de fanfares. |
| LA CHASSE
AU FURET
Le furet est un putois domestique. Il est un
ennemi naturel du lapin. Cette chasse se pratique
depuis fort longtemps. Le "furetage"
est meurtrier et ne peut être envisagé
que sur les territoires où la densité
de lapins est telle qu'elle met en danger les
cultures ou en cas de risques de propagation d'épidémies.
Lorsque la population est moyenne à faible,
ce procédé peut l'éradiquer
en quelques séances!
Le furetage est très intéressant
pour effectuer des reprises d'animaux vivants,
à l'aide de petits filets (ou bourses),
placés devant les gueules des terriers
(moyen efficace pour vacciner une population de
lapins contre la myxomatose). Il est judicieux
d'appliquer cette méthode en dehors de
toute saison de reproduction, afin d'éviter
la destruction de jeunes portées. Janvier
est l'époque idéale : au delà,
certaines femelles sont gestantes ou ont déjà
mis bas.
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Les chasseurs à tir éclaircissent
régulièrement les abords des garennes
de manière à favoriser la visibilité
à travers la végétation. Tous
les terriers doivent être repérés
et surveillés. En action de chasse, la garenne
est approchée dans le plus grand silence.
Lorsqu'elle est très vaste, on peut utiliser
plusieurs furets en attaquant par le centre, afin
de refouler peu à peu les lapins vers les
extrémités. Pour une garenne ne comportant
que quinze à vingt trous, deux furets seront
placés chacun à une extrémité.
Le furet peut refuser de pénétrer
dans une gueule ou ressortir après une courte
exploration. Dans ce cas, la galerie est certainement
vide. Si elle est occupée, il pénètre
sans hésitation. L'attente parfois s'éternise.
Puis on entend bientôt un bruit sourd qui
traduit l'anxiété des lapins, et peut
être interprété comme un signal
d'alerte. Ces derniers tambourinent le sol de leurs
pattes postérieures. Cette manifestation
d'inquiétude doit inciter le chasseur à
se tenir prêt à épauler pour
un tir instinctif, car la cible sera fugitive.
Pour réussir dans cette chasse, il est important
de respecter quelques règles de base. Par
souci de sécurité, quand on procède
à plusieurs, on se tient dos à dos
ou sur une même ligne, de manière à
exclure tout angle de tir dangereux. L'autre règle
est la discrétion : ni déplacements
inutiles, ni dialogues à voix haute. Si les
lapins perçoivent notre présence,
ils refusent de sortir et finissent par être
saisis, puis saignés par les furets.
Le tir au lapin, dans les conditions du furetage,
exige une grande habileté et des réflexes
ultrarapides. |
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