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Chasses spécifiques : le Lièvre
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L'enquête menée pour
la saison 1998-1999 par l'ONCFS indique que le nombre
de lièvres prélevés a été
de 918 000 individus et précise que près
de 30 % des chasseurs en ont prélevé
au moins un.
Les populations connaissent une nette diminution
d'effectifs, avec des fluctuations dont l'ampleur
est variable selon les régions, malgré
des efforts entrepris en matière de gestion.
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LA CHASSE DEVANT SOI
Ce mode de chasse, bien que méprisé
par les chasseurs aux chiens
courants, n'en reste pas moins une quête
subtile imposant une parfaite connaissance du
terrain et des habitudes du gibier.
L'action de chasse consiste à explorer
systématiquement tous les emplacements
propices. La progression s'effectue en lacets,
entrecoupée d'arrêts irréguliers
qui peuvent donner au lièvre l'opportunité
de la fuite.
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En début de matinée,
lorsque la rosée a trempé les couverts
ou que des précipitations se sont abattues,
les lièvres seront gîtés dans
des chaumes, entre deux sillons d'un labour, dans
une haie, un talus ou un boqueteau.
Au cours des journées marquant le début
de la saison de chasse, l'animal recherche la fraîcheur
de couverts tels que luzerne ou betteraves.
On peut également le rencontrer dans un pré
ras, où il sait se dissimuler.
Cette quête peut s'effectuer avec ou sans
chien
d'arrêt.
Le tir au déboulé n'est pas jugé
difficile, cependant de nombreux lièvres
sont manqués par excès de précipitation.
Il est donc conseillé de laisser filer l'animal
sur une vingtaine de mètres avant de tirer
dans le mouvement, à la pointe des oreilles.
En plaine, il est conseillé de suivre longuement
la course de l'animal et de tenter de s'en approcher
s'il semble ralentir ou s'arrêter.
Sous bois et accompagné d'un chien désobéissant,
on a parfois la surprise de voir revenir ce dernier,
après une course effrénée,
tenant le lièvre dans sa gueule. |
LES CHASSES EN BATTUE ET EN
ROND
(LE CHAUDRON)
Ces chasses très meurtrières ne sont
pratiquées que dans les régions à
forte densité de lièvres telles que
la Picardie, la Beauce, la Brie et les plaines du
nord du Bassin parisien.
La battue se déroule comme pour la chasse
à la perdrix grise.
De nombreux lièvres restent tapis, laissant
passer les rabatteurs. D'autres tournent, affolés,
au centre du dispositif forçant souvent la
ligne de traque pour partir en retour.
Il est donc important d'intercaler quelques fusils
au milieu des rabatteurs.
Le "chaudron", ou "rond
de Beauce", consiste à entourer
une surface d'environ 100 ha. Les chasseurs convergent
ensuite lentement vers un point situé au
centre du cercle, qui peut être couvert, ou
un quelconque repère visible placé
à l'avance. |
Parvenus à une centaine
de mètres du point désigné,
des rabatteurs ou les chiens sont envoyés
pour débusquer le gibier, qui ne peut,
pour des raisons évidentes de sécurité,
être tiré qu'en arrière.
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LA CHASSE AUX CHIENS COURANTS
Beaucoup de chasseurs n'envisagent pas de chasser
le lièvre autrement. Ce mode est très
prisé dans les régions bocagères
ou de moyenne montagne du centre de la France,
de la Bretagne et du Midi.
Le meneur de chiens recherche tout d'abord une
voie fraîche de la nuit. Les autres chasseurs
de l'équipe se postent sur les lieux de
refuite connus de l'animal, prêts à
changer d'emplacement si la chasse prend une direction
inattendue.
Les chiens battent méthodiquement le terrain,
nez au sol. Les premiers récris indiquent
qu'ils rencontrent une voie fraîche, dont
ils vont peu à peu démêler
l'écheveau compliqué.
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On dit que les chiens sont en "bonne
voie".
Les hurlements de la meute augmentent d'intensité
durant cette phase dite du "rapprocher",
avant d'éclater en concert quand le gibier
est mis sur pied : c'est le "lancer".
Le lièvre multiplie les ruses pour échapper
à ses poursuivants, sur un territoire qu'il
connaîtparfaitement : il emprunte les routes
goudronnées où son sentiment devient
fugitif, recoupe sa voie, longe des ruisseaux, se
tapit brusquement, puis revient en arrière.
Parfois, il traverse des troupeaux d'animaux domestiques
pour y perdre les chiens, ou se laisse dériver
au fil de l'eau avant de gagner la rive opposée
(on dit qu'il "bat l'eau"). Il
"porte la hotte" lorsqu'il se
déplace sur la pointe des pattes, le dos
voûté, pour limiter la zone d'impact
avec le sol.
Le lièvre n'est jamais tiré au cours
du lancer, le plaisir de cette chasse consistant
à laisser travailler les chiens.
Pas plus qu'il n'est tué lorsqu'il est mené
à grands cris par une autre meute.
Les chasseurs disposés sur les lieux de refuite
possibles doivent connaître parfaitement leur
territoire et les habitudes de l'animal.
Le tireur posté doit toujours être
vigilant ; en effet, un lièvre prend fréquemment
une avance confortable (il se "forlonge")
et peut se présenter à tout instant
sur la coulée surveillée avec la plus
grande discrétion. |
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LES CHIENS À LIÈVRE
Les chiens
courants doivent être ardents, courageux
et résistants, car le lièvre est endurant.
Les races les plus adaptées sont le petit
fauve de Bretagne, le petit
griffon vendéen, le petit
anglo-français, le petit
bleu de Gascogne, le basset
d'Artois et le bruno
du Jura, en région de moyenne montagne,
le beagle,
le beagle
harrier, l'ariégeois,
le gascon
saintongeois, excellent dans ce travail. |
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