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Parfois dès la mi-janvier,
perché au sommet d'un grand arbre, le mâle
émet un chant à tonalité élevée,
aux motifs simples et répétés.
Les premières pontes ont lieu au tout début
du mois de mars. Les 4 ufs prennent place dans
un nid composé d'herbes et de brindilles, liées
avec de l'argile, à 7-8 mètres de hauteur.
La femelle seule couve pendant deux semaines. Une quinzaine
de jours plus tard, les jeunes quittent le nid. Une
deuxième ponte est déposée en mai.
La grive draine est une solitaire,
agressive et téméraire, en permanence
sur le qui-vive. Elle affectionne les bosquets, les
allées d'arbres, même ceux des parcs et
jardins. On la rencontre aussi en lisière et
dans les clairières des forêts de feuillus
et de conifères, ainsi que dans des peupleraies,
entre 500 et 2000 m d'altitude. Le plus important pour
elle est de disposer d'un espace ouvert, prairie ou
pâturage par exemple, où elle peut facilement
s'alimenter.
Son menu, diversifié, comprend aussi bien des
proies animales - vers de terre, insectes et leurs larves,
escargots - que des végétaux - jeunes
pousses, baies et fruits -. En automne-hiver, elle se
nourrit des baies du gui ce qui lui vaut le nom de grive
du Gui dans de nombreuses langues européennes.
L'espèce est très commune,
aussi bien en période de reproduction ou d'hivernage,
mais les densités restent faibles. Présente
ainsi toute l'année, elle apparaît donc
comme sédentaire. Cependant, en octobre-novembre,
des petites troupes de grives draines migratrices, originaires
du nord et de l'est de l'Europe atteignent notre pays
qui constitue un des principaux quartiers d'hivernage
avec la péninsule Ibérique et l'Italie.
En hiver, les grives draines ont un comportement plutôt
erratique, guidé par l'abondance des baies. Après
un hivernage diffus, la migration de retour est sensible
dès la fin février-début mars.
C'est une espèce de gibier convoitée en
France, essentiellement dans la moitié Sud, comme
toutes les autres grives et le merle noir.
La tendance démographique de
la grive draine sur la période 1970-1990 se traduit
par une croissance des effectifs en Allemagne, au Danemark
et en Hongrie mais les populations dans d'autres pays
sont stables (Croatie, Espagne et Royaume Uni) ou fluctuantes
(Bièlorussie). En revanche, il est constaté
un déclin des populations nicheuses au Pays Bas,
en Italie (espèce protégée), en
Ukraine et en Estonie. Globalement, l'aire de reproduction
européenne est plutôt stable sauf en Italie
et en Hollande où elle régresse. Les effectifs
européens se situent entre 2,2 et 3,1 millions
de couples et ils sont jugés globalement stables.
En France, on assiste à une expansion de l'aire
de reproduction de l'espèce et on note une stabilité
dans l'évolution de l'indice d'abondance de 1994
à 1999.
Dans l'ensemble, l'avenir de la grive draine parait
serein, eut égard probablement à sa forte
amplitude d'habitat, et au fait que l'espèce
est peu chassée.
Aucune menace particulière ne pèse sur
l'habitat de la grive draine, à l'exception peut-être
des prairies qui ont fortement régressé
ces dernières années. Extrêmement
méfiante, la grive draine n'est pas une proie
facile pour les prédateurs, homme y compris.
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