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Grands yeux proéminents à pupille horizontale,
placés latéralement. Le mâle a le
corps plus petit, la tête plus longue, les épaules
plus rouges que la femelle. Deux mues par an: celle
du printemps, plus longue, de février à
juin ou juillet, et celle de l'automne qui débute
peu après la première. Le pelage d'hiver
peut être plus gris que celui d'été,
rougeâtre à taches grises, surtout sur
l'arrière-train. Les deux mues débutent
par le dos, progressent le long des flancs et des membres,
et s'achèvent par la tête et la queue.
Longueur totale 61 cm. Poids moyen 3,6 kg.
Le lièvre se rencontre de la Finlande méridionale
et de la Suède à la Méditerranée
; vers l'est en Asie occidentale, en Asie mineure et
en Perse. Partout en Afrique. Introduit en Australie,
en Nouvelle-Zélande, etc.
Habitat : terrain découvert,
landes, terres cultivées, pâturages, marais,
bois, aérodromes.
La cour faite à la femelle
et le comportement agressif des mâles (luttes,
poursuites, sauts, etc.) atteignent leur sommet au début
du printemps. Saison de reproduction variable selon
les régions et capacité de se reproduire
toute l'année. Gestation de 42 à 44 jours,
cas de superftation. Plusieurs nichées
par an (4 en Allemagne, 3 durant la première
saison de reproduction). 2,3 ou 4 jeunes, rarement plus.
Le nombre varie selon les individus et la saison. Taux
élevé de mortalité chez les embryons,
qui sont résorbés surtout en automne.
Le gîte se fait dans les hautes herbes. Les jeunes
naissent les yeux ouverts, le pelage court et sans la
rousseur des adultes; ils peuvent utiliser leurs membres
très tôt après la naissance et occuper
leur propre gîte près de celui de la mère,
qui rend visite à chacun pour l'allaiter. Les
levrauts, pleinement autonomes à un mois, sexuellement
mûrs à huit mois, ne se reproduisent pas
la première année.
Le lièvre se nourrit de 19 h
à 7 h en pleine campagne. Il est destructeur
de jeunes arbres et peut être nuisible pour les
potagers.
Il s'écarte de 1,5 à
3 km du gîte, mais peut aller beaucoup plus loin
la nuit, pour se nourrir. Le lièvre est un animal
nocturne : c'est la nuit qu'il établit son gîte,
satisfait ses aspirations amoureuses et recherche sa
nourriture. Cette dernière se compose de toutes
les semences et plantes des bois, des champs, des prés,
des vignes, d'écorce, de grain, de racines, de
plantes, de carottes, de laitues, de navets et autres
légumes, d'herbes, de trèfle, de laiteron
et de chicorée, de fleurs de jardins, de champignons,
de campagnols.. Il ne s'attaque aux écorces des
jeunes arbres qu'en cas de disette, par hiver rigoureux.
Comme pour le lapin, cette nourriture et l'ensemble
de son habitat influent sur la qualité de sa
chair.
Le lièvre se repose pendant
la journée dans une légère dépression
parmi les hautes herbes, la même pouvant servir
plusieurs fois. La femelle n'aménage pas de gîte
particulier pour les levrauts qui, dès leur naissance,
ont leur propre espace près de celui de la mère.
Il se protège par la vitesse de sa course ou
en se tapissant dans la végétation basse.
En quittant le gîte, il fait un saut prodigieux
de 4,5 m ou plus. Poursuivi, il brouille ses traces
pour confondre l'adversaire. C'est un bon nageur qui
peut franchir 180 m d'eau pour se nourrir.
Quoi qu'on ait pu écrire sur
lui, le lièvre n'est pas un animal craintif :
il est arrivé à tout chasseur de pouvoir
contempler de près un lièvre au gîte.
Par ailleurs, celui-ci vient souvent, dans les campagnes,
manger les légumes dans les jardins potagers,
à la porte même des fermes.
Mais le lièvre n'a que deux
moyens de défense : sa rapidité et ses
ruses. Quand il est attaqué par l'homme ou par
les animaux, sa seule chance de salut est la fuite.
Son comportement est toutefois différent suivant
qu'il est lancé en plaine ou dans les bois.
En plaine, il file droit devant soi pour essayer de
gagner le plus rapidement possible un couvert (luzerne,
betterave, maïs, vigne, haie, etc.). Une fois là,
il use de toutes ses ruses, exactement comme dans les
bois : dès qu'il est levé, il ordonne
sa course, recoupe sa voie, revient en arrière.
Toutefois, s'il est serré de trop près,
il prend du champ en filant tout droit. Souvent, il
sort du bois, fait un grand tour en plaine en essayant
de mettre en défaut ses poursuivants et revient
dans le bois. Parfois même, après de multiples
feintes, il revient sur les chiens et se tapit.
Il arrive de voir un lièvre,
dérangé, mais non poursuivi, s'éloigner
à une certaine distance, puis se dresser sur
ses pattes de derrière, exactement comme un lapin,
et regarder tout autour de lui en agitant et en faisant
claquer ses oreilles.
Caractéristiques : voix perçante.
Blessé ou apeuré, il crie comme un enfant.
Grince des dents en signe d'alerte, comportement probablement
analogue à celui du lapin lorsqu'il tape des
pattes arrière. Les cris d'appariement du mâle
et de la femelle sont différents. |
Peu d'informations
quant aux prédateurs. Les adultes peuvent être
la proie des renards, des chats sauvages, des aigles,
des hermines et des oiseaux prédateurs moyens,
mais ceux-ci s'attaquent surtout aux levrauts. Il arrive
que les lapins s'attaquent aux lièvres.
La femelle se battra si ses petits
sont menacés. Le lièvre est surtout la
proie de l'homme.
Population: les périodes d'abondance
et de rareté alternent, ces dernières
s'accompagnant souvent de coccidiose. Beaucoup meurent
durant les hivers très enneigés.
Le lièvre n'organise jamais
son gîte dans la journée; il creuse ce
gîte, suivant le temps et la saison, soit dans
les buissons et les haies, soit dans les herbes, soit
à l'abri des mottes de terre, soit dans les vignes.
Seul son dos émerge, et, bien souvent, il faut
avoir l'il très exercé pour le découvrir.
Par temps sec, il recherche l'ombre
et une certaine fraîcheur; son gîte est
alors établi dans les couverts frais: luzerne,
maïs, trèfle, betterave; lorsque ceux-ci
sont assez denses, le gîte est toujours près
de la bordure, pour permettre à l'animal de prendre
le large rapidement en cas de danger. On le trouve également
dans les haies vives assez épaisses. Si l'année
est très sèche, le lièvre gîte
dans les couverts en bordure de l'eau (rivière,
ruisseau, étang). Lorsque toute la superficie
d'une région est boisée, il préfère
les cépées très feuillues. Par
temps humide, quand les couverts sont trempés,
il gagne les labours, les friches et les chaumes. Les
gros ronciers, les vieilles carrières, les talus
ont également sa faveur. Il établit alors
son gîte en tâchant de se protéger
du vent par un rempart naturel.
S'il n'est pas dérangé,
il reste très cantonné. Lorsqu'on pratique
un territoire de chasse depuis longtemps, on est amené
à faire des constatations curieuses. Il y a des
endroits où les lièvres ont l'habitude
de faire leur gîte : tous les ans, on en retrouve
un au même endroit, bien que les prédécesseurs
aient été tués. De même,
les itinéraires des lièvres dans leur
fuite, de quelque endroit qu'ils aient été
levés, passent par des points immuables. Ces
constatations sont précieuses pour le chasseur.
On peut encore noter que dans certains lieux on ne rencontre
jamais de lièvres, quel que soit le temps. On
ne connaît pas les causes qui motivent ces comportements.
La saison des amours du lièvre
commence dès la fin de décembre. La hase
fait, jusqu'à l'automne, de deux à quatre
portées de deux à quatre levrauts chacune.
Suivant certains auteurs, elle espace ses petits les
uns des autres, d'une cinquantaine de mètres,
en les mettant au monde. Elle les dépose auprès
d'un point de repère (chardon, touffe d'herbe,
etc.), mais toujours en dehors des fourrés, des
haies et des broussailles. Le levraut reste sur place
et ne bouge pas. Dès que le soleil est couché,
la hase vient donner à téter à
ses petits; pendant la première semaine, elle
vient également pour la tétée vers
midi. Si un danger menace ses petits, elle les déplace,
comme le ferait une chatte, en les prenant par la peau
du cou.
Au moment des amours, les bouquins
se livrent entre eux des combats sans merci, et souvent
certains sont mutilés ou castrés par leurs
rivaux. Mais cette humeur combative cause parfois leur
perte : en effet, ces joutes, qui commencent au cours
de la nuit, durent encore lorsque le jour paraît
; les lièvres sont ainsi surpris par le jour
loin de leur gîte; ils se tapissent alors comme
ils peuvent pour passer la journée là
où ils se trouvent. Si un chasseur passe par
là, il aura la bonne fortune cela arrive
assez souvent de lever trois, quatre, cinq lièvres
dans un espace très restreint.
La proportion à recommander
entre les sexes est d'un bouquin pour trois hases.
La densité normale d'un territoire
de chasse peut être estimée, sans élevage,
à un lièvre pour 4 ha, ce qui correspond
à la reproduction d'une famille d'un bouquin
et de trois hases pour 100 ha. |