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Ses pattes plutôt courtes,
dotées de cinq doigts semblables à ceux
des doigts humains, lui permettent de manipuler des
objets avec une grande dextérité. Et contrairement
à bon nombre d'animaux, ses griffes ne sont pas
rétractiles. Sa fourrure de qualité, relativement
longue, lisse et épaisse, comporte un duvet dense
surmonté de poils allongés et raides au
toucher. L'ensemble de son manteau présente un
mélange de gris jaunâtre, de brun et de
noir. Sa queue fournie est garnie de cinq ou six anneaux
plus foncés.
Le raton laveur s'adapte assez facilement à toutes
sortes de milieux pourvu qu'il soit à proximité
d'un lac, d'une rivière, d'un ruisseau ou d'un
marais. Il s'accommode aussi fort bien des milieux agricoles,
particulièrement ceux où on cultive le
maïs. Son domaine vital couvre environ 2,5 km².
Le raton laveur aménage sa cabane le plus souvent
dans le creux d'un arbre mort ou sous une vieille souche.
Mais s'il repère un endroit tout aussi confortable
au creux d'un rocher, il s'y installe volontiers. À
l'occasion, il élit même domicile dans
le terrier déserté d'une marmotte, une
ancienne hutte de rats musqués, le grenier d'une
maison abandonnée ou la cheminée d'un
chalet inhabité durant l'hiver. Et, en plus de
cet abri central, il possède plusieurs autres
logis secondaires sur l'ensemble de son domaine vital.
Le raton laveur est un véritable omnivore. Même
s'il manifeste une préférence marquée
pour le maïs, il se régale aussi d'à
peu près tout ce qui lui tombe sous la dent.
L'été, 70% de son régime alimentaire
est constitué de petits fruits comme les fraises,
les framboises, les mûres, les bleuets, les cerises,les
raisins, le sureau... Il complète le tout avec
de gros insectes tel des sauterelles, des grillons,
des hannetons et des mollusques, des oisillons, des
souris, des écureuils, de jeunes rats musqués,
des grenouilles, des tortues et des salamandres. Au
début de l'automne, il commence à accumuler
ses réserves de graisses en ajoutant à
ce menu une grande quantité de glands, de faines
et de noisettes.
Curieux et intelligent, voilà une bonne façon
de qualifier cet animal à la démarche
plutôt malhabile et lente. En fuite, il peut galoper
à près de 25 km/h. En revanche, il grimpe
aux arbres et passe d'une branche à l'autre avec
une aisance remarquable. Dans l'eau, même s'il
n'aime pas plonger en profondeur,il est un excellent
nageur. Habituellement, comme il n'aime pas être
dérangé, il est actif surtout la nuit.
Si la température lui convient, il se met en
chasse dès le crépuscule. S'il pleut,
neige ou vente, il restera plusieurs jours sans manger,
tapi au fond de son abri. Sa manière caractéristique
de manipuler ses aliments a souvent fait croire qu'il
lavait sa nourriture. En réalité, c'est
probablement sa façon de l'examiner avant de
la manger. À la manière d'un vrai brigand,
il pousse son habileté et sa curiosité
jusqu'à détecter ce qui lui convient dans
nos réserves de nourriture et à déjouer
nos pièges pour le capturer. Et comme il peut
réussir à décapsuler une bouteille
d'eau gazeuse avec ses pattes avants, imaginez la facilité
avec laquelle il se débarrasse du couvercle d'une
poubelle pour en vider le contenu. De la fin de l'été
jusque tard à l'automne, le raton laveur mange
comme un vrai glouton. Il accumule alors des réserves
sous forme de graisse, lesquelles lui permettront de
vivre dans son abri du mois de novembre jusqu'à
la fin de février.
Comme la température de son
corps ne s'abaisse pas durant cette période inactive,
on ne le considère pas comme un hibernant. D'ailleurs,
en plein hiver, une période prolongée
de temps doux peut le sortir de son sommeil léger
et le pousser à jeter un petit coup d'il
hors de son repaire. Durant ces 4 mois de réclusion,
il perd jusqu'à 20% de son poids.
À la période du rut, le mâle habituellement
peu sociable et solitaire, se met à la recherche
de femelles. Il marque alors son territoire d'urine.
Le rut terminé, il retourne à sa vie solitaire.
À l'opposé, la femelle possède
un esprit familial très développé.
Elle met bas des petits couverts de poils mais pratiquement
aveugles. Vers le dixième jour, leurs yeux sont
déjà entourés de leur masque caractéristique;
ils s'ouvrent durant la troisième semaine. À
quatre semaines les ratons jouent entre eux et commencent
à sortir de leur abri. Et même s'ils atteignent
leur taille d'adulte vers l'âge de 3 mois, ils
restent sous la tutelle de la femelle qui leur enseigne
à grimper aux arbres et leur apprend les principaux
rudiments de la chasse. Toute la famille passe l'hiver
ensemble au fond de l'abri. Le printemps suivant, avant
l'arrivée d'une nouvelle portée, les jeunes
ratons, maintenant capables de se débrouiller
seuls, quittent le gîte familial.
Entre la fin de janvier et le début de mars,
c'est la période du rut. Le mâle sort de
son isolement pour s'accoupler à une ou plusieurs
femelles, il est polygame. La femelle, au contraire,
après avoir accepté un mâle, repousse
tous les autres prétendants. Cette cohabitation
annuelle dure une cinquantaine de jours au bout desquels
le mâle est chassé. Une douzaine de jours
plus tard et après une période de gestation
de 63 jours, la femelle met bas 1 à 7 petits
(en moyenne 4). Près de la moitié des
jeunes femelles acquerront leur maturité sexuelle
à un an alors que les mâles devront attendre
à leur deuxième année, parfois
même à la troisième.
À l'état sauvage, le raton laveur vit
entre 10 et 12 ans alors qu'en captivité, n'ayant
pas à affronter les hivers rigoureux et à
faire face aux prédateurs, on croit qu'il peut
atteindre un peu plus de 20 ans.
Les humains n'apprécient guère ses incursions
dans les hangars et ses razzias pas très délicates
dans les poubelles, et le délogent constamment.
Mais les humains ne sont pas ses seules menaces ; les
ratons laveurs adultes sont pourchassés par le
lynx roux, le renard roux et la martre. Leur principal
moyen de défense est la fuite dans les arbres,
mais s'ils sont traqués et incapables de fuir,
ils affrontent leurs adversaires à coups de griffes
et de dents. Quand ils le peuvent, ils les entraînent
dans l'eau où ils profitent d'un léger
avantage et peuvent parfois les noyer. Quant aux petits,
ils peuvent être la proie du grand duc.
Comme le raton laveur s'accommode facilement de la présence
des humains, il est très répandu en Amérique
du Nord. Au Canada, il abonde dans toutes les provinces
sauf à Terre-Neuve. Importé en Allemagne
il y a quelques décennies, il s'y est si bien
adapté, qu'il habite maintenant l'ensemble du
territoire européen.
Sympathique et même enjôleur, il peut s'apprivoiser
assez facilement. Mais attention, comme tous les animaux
sauvages, il peut avoir des réactions imprévisibles
et même mordre. Le laisser seul dans une pièce
de la maison, c'est risquer des dégâts
catastrophiques. À la ville comme à la
campagne, sa curiosité effrontée et son
adresse exceptionnelle en font souvent un rôdeur
nocturne plutôt détestable. Poubelles renversées,
incursions dans les hangars et les remises, rien ne
l'arrête. Vous croyez l'avoir fait fuir pour de
bon? N'ayez crainte, il sera au rendez-vous le lendemain
soir.
Il peut être porteur du virus de la rage.
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